Spin

Une nuit d’octobre, Tyler Dupree, douze ans, et ses deux meilleurs amis, Jason et Diane Lawton, quatorze ans, assistent à la disparition soudaine des étoiles. Bientôt, l’humanité s’aperçoit que la Terre est entourée d’une barrière à l’extérieur de laquelle le temps s’écoule des millions de fois plus vite. La lune a disparu, le soleil est un simulacre, les satellites artificiels sont retombés sur terre. Mais le plus grave, c’est qu’à la vitesse à laquelle vieillit désormais le véritable soleil, l’humanité n’a plus que quelques décennies à vivre…
Qui a emprisonné la terre derrière le Bouclier d’Octobre? Et s’il s’agit d’extraterrestres, pourquoi ont-ils agi ainsi ?

Il va falloir que je m’intéresse à cet auteur. De prés. J’ai abordé Spin avec une certaine curiosité, sans m’attendre à grand-chose. Bon il m’avait été chaudement recommandé et a été couronné d’un Hugo, j’étais quand même relativement confiant.

Bien m’en a pris. Je me suis fait absorber par cette étrange histoire de décalage temporel ou le personnage principal raconte sa vie, commencé des millions d’années plus tôt. C’est vertigineux et parfois complexe dans les implications de ce décalage temporel omniprésent. Cela dit les personnages principaux restent au centre de cette histoire profondément humaine (ne vous attendez pas à voir des extraterrestre à tous les coins de rue sous prétexte que c’est de la SF). Le roman nous fait nous interroger sur nos croyances. L’opposition entre religion et science peut paraitre facile de prime abord mais l’auteur parvient à en flouter suffisamment les limites pour faire cohabiter ses deux notions. Le personnage principal est un funambule tiraillé par les philosophies diamétralement opposée de ces deux meilleurs amis. L’auteur se garde bien d’ailleurs de donner une réponse tranchée.

Je suis peut être mal habitué mais le roman m’a laisse sur ma faim. On a finalement peu de réponses sur le pourquoi et certains sujets sont à peine effleurés alors qu’ils auraient mérité un roman complet. Cela dit, il existe deux suites à Spin. Avec un peu de chance elles combleront cette lacune. A moins que je ne me dirige vers d’autres romans de cet auteur prolifique. Certains résumés sont vraiment alléchants.

L’étoile de Pandore

En 2380, l’humanité a colonisé 600 planètes.
Le Commonwealth Intersolaire centré sur la Terre, s’est développé en une société prospère. Lorsque des astronomes constatent la disparition d’une étoile à un millier d’années-lumière, le Commonwealth construit le premier vaisseau spatial qui va plus vite que la lumière. Son nom : le Seconde Chance. Sa mission : déterminer le degré de dangerosité de l’espèce étrangère responsable de cet incroyable événement cosmique.
Mais tout le monde n’est pas enthousiaste à l’idée d’enfoncer un bâton dans ce potentiel nid de guêpes, comme Ozzie, le rasta devenu multimilliardaire qui préférerait attendre quelques siècles, le temps de rattraper le niveau technologique de ces mystérieux extraterrestres, ou encore les «Gardiens de l’individualité», groupe terroriste basé sur Far Away, un monde isolé sur lequel, bien avant l’arrivée des humains, s’est écrasé un vaisseau alien que certains pensent possédé.
Lorsque Seconde Chance arrive enfin à proximité de l’étoile, la situation qui s’offre à lui ne ressemble absolument pas à ce qui était prévu…

Par ou commencer ? Pas simple de s’attaquer à ce roman. Il est sacrément intimidant. 4 tomes de 700 pages, ca fait quand même un beau bébé. Mais bon, vu que j’aime les histoires a rallonge, je vais pas commencer à râler.
Hamilton est avant tout un auteur de Space Opera. Le « Nouveau Space Opera Anglosaxon si vous aimez les étiquettes. On retrouve également sous cette appellation Alaster Reynolds dont j’ai déjà parlé. Ce genre mêle donc aventures épiques et sciences dans des univers futuristes cohérent. Et ca marche plutôt bien avec cet auteur. Son Commonwealth basé sur des trous de ver à la Stargate, l’humanité immortelle grâce à la digitalisation de la conscience (concept décidément très à la mode), le net omniprésent, les améliorations génétiques… toutes ses technologies expliquées parfois très (trop) rapidement forme un univers cohérent et parfaitement crédible.

Mais tout ceci n’est que décor pour la véritable force de l’œuvre. La multiplication des personnages et des intrigues imbriquées. Au cours de la lecture on doit en suivre une bonne vingtaine. Il s sont très fouillés et aux destins très divers. A travers eux, se dévoile une intrigue particulièrement complexe qui nous fera traverser les milieux militaires, financiers et même extraterrestre de cet univers.
C’est peut être le reproche que je ferai a cette série. La mise en place dure quasiment un tome entier. C’est nécessaire, soyons clair, mais peut être rebutant. L’action ne démarre vraiment que dans les 100 dernières pages du premier tome. Par certain coté, cela m’a fait penser à « De la terre à la lune » ou l’on ne décolle qu’a la toute fin.
Mais quel voyage pour arriver jusque la !

Vous l’aurez compris, je suis emballé par cette série. Je ne ‘lai aps encore tout fais terminé, mais il n’est pas impossible que je me lance par la suite dans l’autre serie de cet auteur, qui a fait son succès. L’Aube de la Nuit. 7 tomes. Miam !

La pluie du siècle

An 2300. A la suite d’une catastrophe technologique, la vie sur Terre est devenue impossible. Seuls ont survécu les êtres humains qui avaient émigré dans un réseau d’habitats en orbite. Verity Auger, une archéologue qui a beaucoup à se faire pardonner, accepte de participer à une mission ultradangereuse.

Débarquée à Phobos, un satellite de Mars, elle emprunte un tunnel secret qui débouche… sur une station de métro, à Paris, en 1959. La Terre semble en effet avoir été préservée dans un bloc d’ambre, comme un gigantesque insecte. S’agit-il là d’une fenêtre vers le passé ou d’une simulation ? La mission de Verity consiste à récupérer, avant qu’ils ne tombent dans des mains ennemies, les documents laissés derrière lui par un agent assassiné.

Elle ignore encore que l’agent en question avait fait des découvertes susceptibles de modifier considérablement le présent de la jeune femme, mais aussi le passé de la Terre…

 

Quoi de mieux, comme premier article, que de parler d’un auteur qu’on aime bien ?

j’ai découvert Alastair Reynolds il y a quelques années un peu par hasard. Une couverture qui attire l’oeil, un quatrième de
couverture un peu mystérieux. Et surtout un énorme pavé, premier tome d’une série qui prend une place dingue sur l’étagère.Ce roman ne fait pas parti de son cycle des Inhibiteurs, mais promis je vous en parle un de ces quatre.

La pluie du siècle, donc, nous plonge dans un univers relativement proche ou l’humanité est divisée et la terre détruite. La découverte d’une copie conforme de la terre va chambouler tout ça. Mais cette terre est restée figé dans les années 60. Et la moitié du roman qui s’y déroule nous plonge dans une ambiance de roman noir très agréable. On parle de jazz en visitant Paris. Un Paris totalitaire proche de l’occupation mais tout cela à un côté très familiers bien agréable. Lorsque reviens le fantastique, l’effet n’en ai que plus fort. Vous saviez qu’il y a un trou de vers à la station Cardinal Lemoine vous ?

L’intrigue est bien ficelée, l’univers cohérent, j’ai souvent eu bien du mal à m’arrêter de lire sans rater ma station de métro. Comme souvent chez Reynolds, c’est surtout très bien raconté et quelques trouvailles m’ont rendus vert de jalousie (les nanites carnivores…). Je suis enthousiaste, mais je reconnais aussi que ce n’est pas le meilleur roman de l’auteur. Moins technique que les précédents, moins profond aussi,certaines questions sont sans réponse et auraient pu amener une suite.

Ce roman reste donc de la très bonne SF, et pourrait constituer une parfaite introduction à cet auteur encore trop peu connu.